MUKAZA, 3 mars (ABP) – Le gouvernement du Burundi en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Système des Nations Unies a organisé ce mercredi 2 mars 2026, le lancement officiel du plan de réponse pour le retour massif des réfugiés burundais, principalement depuis la Tanzanie et autres pays d’asile.
Dans son allocution, le ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, Ndaruzaniye, a rappelé l’importance d’une coordination efficace entre le gouvernement, les communautés d’accueil et les partenaires humanitaires afin de garantir la réintégration socio-économique des rapatriés.
Selon le ministre, depuis 2017, le Burundi a facilité le retour de 306 687 réfugiés, dont 37 056 pour l’année 2026. Il n’a pas manqué de préciser que plus de 120 000 rapatriés spontanés vivent déjà au sein des communautés locales.
Il a également rappelé que la 26ᵉ réunion de la Commission tripartite, tenue à Dar es Salam le 28 octobre, a confirmé l’engagement du Burundi, de la Tanzanie et du HCR à organiser un rapatriement volontaire et sécurisé, conformément aux accords tripartites signés le 8 mai 2001.
Actuellement, la Tanzanie héberge plus de 143 000 réfugiés burundais, répartis entre les communautés locales et les camps de Nduta et Nyarugusu. La politique des deux pays vise à encourager activement le retour des réfugiés, afin de leur permettre de participer au développement intégral du Burundi, dans le cadre de sa vision 2040-2060.
À l’issue de ladite réunion, quatre décisions importantes ont été prises. Il a cité le fait de réaffirmer la collaboration entre le Burundi, la Tanzanie et le HCR pour accélérer le rapatriement et garantir la réintégration durable ; utiliser les conclusions des évaluations pour planifier et organiser les convois, avec l’émission immédiate de lettres de décision aux rapatriés dans les camps ; accélérer le rapatriement à raison de 3 000 personnes par semaine (2 000 depuis Nduta et 1 000 depuis Nyarugusu), tout en respectant les standards de sécurité et de dignité, avec une fermeture progressive des camps prévue au 31 mars 2026 pour Nduta et au 30 juin 2026 pour Nyarugusu ; et organiser des sessions d’information pour les donateurs afin de mobiliser les ressources nécessaires pour le rapatriement et la réintégration.
La représentante résidente du système des Nations Unies au Burundi, Violet Kakyoma, a salué le rôle déterminant du gouvernement et des partenaires. « Il aurait été très difficile, voire presque impossible, d’apporter un appui conséquent sans le leadership affirmé du gouvernement », a-t-elle déclaré, rappelant l’importance de l’implication directe sur le terrain pour comprendre les besoins des rapatriés et des communautés d’accueil.
Elle a également remercié les bailleurs et partenaires internationaux pour leur engagement continu. « Leur solidarité est indispensable pour garantir un retour sûr et organisé, ainsi qu’une réintégration durable », a-t-elle souligné.
La représentante du HCR Brigitte Mukango Eno, a rappelé que le rapatriement doit toujours être envisagé comme un programme de réintégration. « Une fois qu’elles reviennent, ces personnes ne sont plus des réfugiés, mais simplement des citoyens burundais qui retrouvent une vie normale dans leurs communautés », a-t-elle précisé. Depuis le début de la crise, plus de 300 000 burundais sont déjà de retour, et pour 2026 seulement, environ 37 000 personnes ont regagné le pays depuis janvier.
Elle a insisté sur le fait que le retour ne peut être une solution durable que s’il s’accompagne d’un accompagnement solide dans les zones de réintégration. « Il reste beaucoup de travail à réaliser, et nous devons continuer à collaborer pour que les rapatriés puissent se réinstaller durablement et éviter de repartir vers l’asile ou d’autres pays », a-t-elle déclaré.
Enfin, les deux représentantes ont réaffirmé la disponibilité du système des Nations Unies, du HCR et de tous les partenaires à accompagner le gouvernement burundais dans toutes les phases du processus, qu’il s’agisse de l’assistance humanitaire immédiate ou des programmes de développement à long terme. Elles ont exprimé leurs sincères remerciements au gouvernement et aux bailleurs de fonds, rappelant que leur coopération reste indispensable pour le succès de cette initiative.

