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Une nouvelle filière de médecine d’urgence et de secourisme professionnel suscite l’intérêt

ByAdministrateur

Juin 24, 2026
L’expert Jean Bosco Habonimana

RUYIGI, 23 juin (ABP) – La province de Buhumuza vient d’enregistrer une avancée importante dans le secteur de la santé avec l’introduction d’une filière de médecine d’urgence et de secourisme professionnel, une initiative qui suscite déjà un vif intérêt au sein de la population.

Cette nouvelle approche vise à professionnaliser la prise en charge des urgences médicales et à renforcer les compétences des intervenants à porter secours aux victimes d’accidents, de catastrophes naturelles, d’incendies ou d’autres situations mettant en danger la vie humaine.

Bien que les pratiques de secourisme existent déjà dans la région, elles étaient souvent exercées de manière empirique, avec des connaissances limitées et sans encadrement technique suffisant.

Selon le docteur Eraste Nijimbere, l’un des initiateurs du projet directeur de l’hôpital de district de Ruyigi, l’idée de mettre en place cette filière est née en 2023, à l’issue de concertations réunissant les autorités administratives, les responsables du district sanitaire de Ruyigi ainsi que Jean Bosco Habonimana, membre de la diaspora burundaise, résident à Stuttgart, en Allemagne, et originaire de la commune de Ruyigi.

« Nous avons constaté que de nombreuses vies pouvaient être sauvées si les premiers intervenants disposaient des connaissances appropriées en médecine d’urgence et en secourisme professionnel. C’est de ce constat qu’est née l’idée de mettre en place une formation spécialisée accessible aux jeunes Burundais », a expliqué le Dr Nijimbere lors de la cérémonie marquant la fin de la formation pratique, le samedi 21 juin 2026 à Ruyigi.

Selon les promoteurs de l’initiative, la création de cette filière répond à un besoin croissant en personnel qualifié capable d’assurer les premiers secours et la prise en charge pré-hospitalière avant l’arrivée des victimes dans les structures de santé. Elle offre ainsi aux jeunes de Buhumuza et d’autres régions du pays l’opportunité de se former dans un domaine porteur tout en contribuant à sauver des vies.

Les responsables de la formation indiquent que les apprenants bénéficieront d’enseignements théoriques et pratiques portant notamment sur les techniques de secourisme, la réanimation cardio-pulmonaire, la gestion des catastrophes, le transport sécurisé des blessés ainsi que les soins d’urgence pré-hospitaliers. Cette combinaison de connaissances scientifiques et d’exercices pratiques vise à préparer efficacement les futurs intervenants aux réalités du terrain.

Les initiateurs du projet soulignent que plusieurs victimes d’accidents ou de malaises graves perdent parfois la vie avant même d’atteindre un centre de santé, faute d’une assistance adéquate durant les premières minutes suivant l’incident.

Dans certains cas, des gestes inappropriés posés par des personnes non formées peuvent également aggraver l’état des blessés.

Intervenant lors de la présentation du projet, l’expert Jean Bosco Habonimana a indiqué que l’expérience acquise en Europe lui a permis de mesurer l’importance des systèmes de secours pré-hospitaliers dans la réduction de la mortalité liée aux accidents et aux urgences médicales.

« Dans plusieurs pays développés, la chaîne des secours commence sur le lieu même de l’accident grâce à des intervenants spécialement formés. Nous souhaitons progressivement introduire cette culture au Burundi afin que chaque citoyen puisse bénéficier d’une assistance rapide et professionnelle », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que de nombreuses personnes intervenaient auparavant dans les situations d’urgence par bonne volonté, mais sans formation adéquate, ce qui pouvait parfois limiter l’efficacité des secours ou exposer les victimes à des risques supplémentaires.

Exercices de simulation

La professionnalisation du secteur entend ainsi améliorer la qualité des interventions et accroître les chances de survie des personnes en détresse.

L’ouverture de cette filière est saluée par plusieurs habitants de la province, qui estiment qu’elle contribuera à renforcer les capacités locales de réponse aux urgences.

Dans une région régulièrement confrontée à des accidents de la route, à des catastrophes climatiques et à diverses situations critiques, la disponibilité de secouristes qualifiés constitue un atout majeur.

Cette initiative est accueillie favorablement dans plusieurs communes de la province de Buhumuza. A Cankuzo, M. Désiré Ndayisenga estime que cette formation arrive à point nommé. « Les accidents de circulation sont fréquents sur certains axes routiers de la province. La présence de secouristes formés permettra d’apporter une assistance rapide aux victimes avant leur transfert vers les structures de santé », a-t-il indiqué.

À Gisuru, Béatrice Nibizi souligne que les zones rurales sont souvent confrontées à des difficultés d’accès aux soins. « Lorsqu’une personne est victime d’un accident ou d’un malaise grave, les premières minutes sont déterminantes. Former des jeunes aux gestes de premiers secours peut faire la différence entre la vie et la mort », a-t-elle expliqué.

Même son de cloche à Butaganzwa, où certains habitants voient dans cette filière une nouvelle opportunité pour la jeunesse. « En plus de contribuer à la protection des vies humaines, cette formation ouvre des perspectives professionnelles dans un secteur encore peu développé au Burundi », a affirmé un enseignant de la localité interrogé par l’ABP.

A Muyinga, Jean-Marie Nduwayo, chauffeur de transport en commun, estime que les usagers de la route seront parmi les premiers bénéficiaires de cette initiative. « Nous sommes souvent témoins d’accidents. Beaucoup de personnes veulent aider mais ignorent les gestes appropriés. Cette formation permettra d’améliorer la qualité des interventions et de sauver davantage de vies », a-t-il déclaré.

Selon plusieurs observateurs, la province de Buhumuza, traversée par d’importants axes routiers reliant différentes régions du pays et régulièrement confrontée à des catastrophes naturelles telles que les fortes pluies, les inondations ou encore les glissements de terrain dans certaines localités, a particulièrement besoin de personnel qualifié en médecine d’urgence et en secourisme professionnel.

La disponibilité d’intervenants formés devrait ainsi contribuer à réduire les conséquences humaines de ces situations d’urgence.

Outre son apport dans le domaine sanitaire, cette filière pourrait également contribuer à la création d’emplois pour les jeunes diplômés.

Les compétences acquises leur permettront d’intégrer différentes structures publiques et privées, notamment les services de secours, les établissements de santé, les organisations humanitaires ainsi que les programmes de gestion des catastrophes.

Cette initiative est perçue comme une étape importante dans le développement de l’enseignement professionnel et la modernisation du système de prise en charge des urgences à Buhumuza. A terme, elle devrait permettre la mise en place d’un réseau d’intervenants mieux formés et plus efficaces, tout en servant de modèle pour d’autres régions du pays.

Les responsables du projet espèrent ainsi voir émerger progressivement une véritable culture de l’assistance médicale d’urgence capable de réduire les décès évitables liés aux accidents, aux catastrophes naturelles et aux urgences médicales.

La commune Ruyigi a été choisie comme site pilote pour une durée de 6 mois. Par la suite, le projet devra s’étendre sur les communes des anciennes provinces  de Cankuzo et Muyinga