MUKAZA, 4 nov (ABP) – La consommation des insectes, tels que les mouches, les termites et les criquets, pourrait offrir une solution durable pour renforcer la sécurité alimentaire au Burundi. Cela a été dévoilé par trois chercheurs burundais de niveaux Master et Doctorat, le vendredi 31 octobre 2025, au cours d’une conférence de presse tenue à l’EANSI (East African Nutritional Sciences Institute) de l’Université du Burundi.
Lors de la présentation des premiers résultats d’un programme de recherche lancé en 2024 par l’EANSI, ces trois chercheurs burundais de niveaux Master et Doctorat y ont pris part, avec pour objectif de démontrer que les insectes comestibles représentent une source importante de protéines et de vitamines, pouvant améliorer la qualité nutritionnelle des repas, notamment la farine de manioc, largement consommée au Burundi, a-t-on appris.
Claude Hatungimana, l’un de ces chercheurs a fait savoir que ces travaux portent sur l’élevage des insectes, une activité qui nécessite peu d’espace et qui contribue à la protection de l’environnement.
Il a, par ailleurs, indiqué avoir observé le cycle de vie de la mouche des soldat noirs qui sont liés à l’alimentation du bétail, une espèce jugée particulièrement prometteuse. Ses œufs éclosent entre quatre et quinze jours, et les larves, nourries pendant environ 13 à 29 jours, peuvent consommer jusqu’à 300 grammes de matière organique.
De son côté, Eric Manirutingabo a expliqué que l’objectif principal est d’enrichir la farine de manioc en y intégrant des nutriments issus des insectes. Il a rappelé que, selon l’Objectif de développement durable (ODD n°2), la malnutrition touche 9,8% de la population mondiale, 20,2% en Afrique et environ 85% au Burundi. Ce phénomène, a-t-il indiqué, est aggravé par la pauvreté, les maladies et le faible niveau de vie. Selon lui, les insectes constituent une alternative nutritive abordable, riche en protéines et en vitamine B.
Pour sa part, Jean Marie Nshimirimana, participant à la recherche au Maroc, a souligné que le projet vise à déterminer la composition nutritionnelle de plusieurs espèces d’insectes, afin d’en tirer des éléments bénéfiques pour l’alimentation humaine.
Les travaux de l’EANSI ouvrent ainsi la voie à une innovation majeure: la production d’une farine de manioc enrichie aux insectes comestibles․ Cette initiative pourrait contribuer à réduire la malnutrition et à promouvoir une alimentation plus équilibrée et durable au Burundi, a-t-on souligné.

