BUJUMBURA, 2 mars (ABP) – Le premier ministre burundais, Nestor Ntahontuye a piloté, le lundi 2 mars 2026, à Bujumbura, une réunion de consultation du Cadre de Partenariat Pays (CPP) 2026-2031 entre le gouvernement du Burundi et la Banque Mondiale (BM).
Cette réunion se tient à chaque fois qu’il y a un nouveau cycle de financement, et vise à se convenir sur les priorités du gouvernement pour les cinq prochaines années.
Dans son mot d’ouverture, le premier ministre a indiqué que le cadre partenariat pays n’est pas un simple exercice technique ou une liste de projets sectoriels isolés, que par contre, ce cadre constitue l’instrument stratégique majeur pour l’opérationnalisation de la vision du pays 2040-2060.
D’après lui, le gouvernement du Burundi considère ce cadre comme un levier de préservation de ses priorités souveraines. A ce sujet, a-t-il signalé, il est impératif que les interventions du groupe de la Banque Mondiale s’inscrivent dans la trajectoire nationale et non l’inverse.

Il a par ailleurs rappelé que ce cadre de partenariat pays doit refléter les choix stratégiques nationaux, consolidés par le programme national de stabilisation macroéconomique 2025-2027.
A cet égard, le premier ministre Ntahontuye a rappelé que le gouvernement agit dans un contexte de défis structurels, notamment la faiblesse de réserves de taux de change et l’inflation.
Le programme national, a-t-il fait savoir, repose sur une discipline rigoureuse de gestion des finances publiques, discipline budgétaire et réforme des secteurs productifs, soulignant que la transformation économique exige cette rigueur pour être soutenable.
Le premier ministre burundais a par ailleurs énuméré 6 domaines considérés comme des leviers structurants pour garantir une efficacité économique maximale. Il a cité le domaine des infrastructures et corridor logistique, avec comme priorité le domaine de chemin de fer qui est, selon lui, absolue pour le désenclavement, la réduction des couts logistiques et l’intégration régionale surtout à la ZELECAF.
Le deuxième domaine énuméré est celui de l’industrie extractive, dont l’exploitation minière est positionnée comme un moteur de création de valeur ajoutée, de transformation locale, et de mobilisation de devises. Il a ajouté que cela va de pair avec la création d’emplois.
Le domaine de l’énergie a été aussi énuméré, car selon le premier ministre, ce domaine est une condition indispensable à l’industrialisation.
D’autres domaines énumérés sont celui de l’agriculture et de l’agro-industrie, celui du capital humain, ainsi que le domaine de l’eau et l’assainissement avec le projet d’accès durable en eau potable qui est une priorité pour les pays de l’union africaine.
D’après le premier ministre burundais, chaque intervention doit désormais démontrer sa contribution directe à ces 6 axes cités et son alignement strict avec la vision 2040-2060. Il a par ailleurs signalé que les initiatives isolées et non cordonnées n’ont plus leurs places.
Il a recommandé d’agir avec transparence et redevabilité, efficacité et efficience, avec un impact notoire sur la vie de la population Burundaise.
S’adressant au représentant résident de la Banque Mondiale, il a rappelé que le Burundi dispose d’une vision claire et les projets structurants hiérarchisés.
Selon M. Ntahontuye, le succès du cadre de partenariat pays dépendra de la capacité commune à mobiliser les financements nécessaires pour appuyer la trajectoire nationale, précisant que le gouvernement compte sur la Banque Mondiale pour que les interventions s’alignent sur les choix stratégiques nationales, afin que la mobilisation des financements devienne le véritable moteur de la transformation vers l’émergence du pays d’ici 2040.
Quant au ministre chargé des Finances, Alain Ndikumana, qui était présent à cette réunion, il a fait savoir que le Burundi dispose d’une enveloppe de 1,8 milliard de dollars déjà disponible pour les projets en cours des cycles précédents. Toutefois, il a souligné qu’il est nécessaire de tirer des leçons des expériences passées, étant donné que le taux de décaissement des projets financés par la Banque mondiale est de 21 %.
Selon lui, il faut d’abord corriger les manquements constatés tant au niveau du gouvernement qu’à celui de la Banque mondiale, tout en assurant un suivi régulier afin d’accroître le taux de décaissement des projets disponibles. Il a également indiqué qu’il est nécessaire de se mettre d’accord sur les nouveaux projets et de mettre en place des mécanismes permettant leur mise en œuvre sans trop de difficultés.
Le représentant résident de la Banque Mondiale, Babacar Sedikh Faye, a, à son tour, indiqué que ces consultations constituent la première étape d’un processus inclusif et élargi. Il a ajouté qu’elles seront suivies d’échanges avec d’autres parties prenantes.
Il a par ailleurs précisé que l’objectif de cette démarche est de parvenir à une compréhension approfondie et partagée des défis et opportunités du développement du Burundi, afin que le nouveau CPP soit véritablement représentatif et porteur de transformation.
D’après lui, l’objectif principal de la présence du Groupe de la Banque mondiale, à cette réunion, est de recueillir les analyses, priorités et recommandations du gouvernement de façon plus structurée, stratégique et formelle. Il a ajouté que cela vise à élaborer un CPP pertinent, efficace et pleinement soutenu par le pays ainsi que par le Groupe de la Banque mondiale. Il a réitéré l’engagement du Groupe de la Banque mondiale aux côtés du gouvernement pour accompagner les ambitions communes.
Il sied de rappeler qu’au cours de cette réunion, les deux parties se sont engagées à poursuivre les consultations techniques, à développer les mécanismes de suivi pour une amélioration du niveau des réalisations et à corriger les manquements déjà constatés pour l’atteinte des résultats palpables.

