MUKAZA, 16 juin 2026 (ABP) – Le Burundi a célébré, jeudi 11 juin 2026, la Journée mondiale sans tabac, habituellement commémorée le 31 mai, sous le thème : « Démasquons les tactiques de séduction, luttons contre la dépendance au tabac et ses méfaits ». Les activités se sont déroulées au Lycée du Lac Tanganyika après une campagne de dépistage gratuit du diabète et de l’hypertension artérielle destinée aux élèves et à toute personne intéressée.
Dans son allocution, le directeur du Programme de prévention et de sécurité sanitaire au ministère de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida, le Dr Oscar Ntihabose, a indiqué que le thème retenu cette année invite chacun à prendre conscience des nombreuses stratégies utilisées pour inciter les populations, en particulier les jeunes, à consommer du tabac.
Il a rappelé que le tabagisme constitue l’une des principales causes de nombreuses maladies et de décès à travers le monde. Chaque année, des millions de personnes meurent des suites de la consommation du tabac, tandis que d’autres développent des maladies graves telles que le cancer, l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires, les affections respiratoires et le diabète.
Citant les statistiques de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Ntihabose a précisé que plus de 8 millions de personnes décèdent chaque année à cause du tabac. Parmi elles, plus de 1,6 million sont des non-fumeurs exposés à la fumée du tabac produite par leur entourage. Selon lui, les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées figurent parmi les catégories les plus vulnérables aux effets nocifs du tabagisme passif et méritent une protection particulière.
Le Dr Ntihabose a également souligné que le gouvernement du Burundi poursuit la mise en œuvre de plusieurs mesures visant à lutter contre le tabagisme, notamment la protection des non-fumeurs contre l’exposition à la fumée du tabac, la prévention de l’initiation au tabac chez les enfants et les jeunes, ainsi que le renforcement des campagnes de sensibilisation sur les dangers liés à sa consommation.
« Chaque cigarette fumée réduit l’espérance de vie, tandis que chaque décision d’arrêter de fumer constitue un pas vers un avenir meilleur et un développement durable », a-t-il déclaré.
Prenant la parole à son tour, la représentante de l’OMS lors de cette activité, Mme Denise Nkezimana, a estimé que l’une des causes de l’augmentation du tabagisme chez les jeunes réside dans le manque du dialogue entre certains parents et leurs enfants. Elle a indiqué qu’environ 40 millions de jeunes et d’adolescents dans le monde consomment actuellement du tabac.
Elle a appelé les parents et les éducateurs à renforcer l’encadrement des enfants et à suivre de près leur parcours scolaire afin de prévenir les comportements à risque. Elle a rappelé que les établissements scolaires doivent rester des lieux d’éducation et non des espaces favorisant la consommation du tabac.
Au cours de cette célébration, M. Paulin David Samurarwa, un jeune ayant réussi à abandonner la consommation de drogues et du tabac, a livré un témoignage sur les conséquences de consommer les stupéfiants. Il a expliqué avoir été consommateur et vendeur de cannabis et de tabac, avant d’abandonner l’école pendant quatre ans à cause de son addiction.
Grâce à l’accompagnement de l’organisation Psychologues Sans Vacances, il est parvenu à sortir de cette dépendance et à reprendre ses études. Il a profité de cette occasion pour lancer un appel à ses pairs. « J’invite tous les jeunes qui consomment des drogues ou du tabac à y renoncer, car ils compromettent non seulement leur propre avenir, mais aussi celui de leur pays », a-t-il déclaré.

