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La BRB met en garde contre les microfinances promettant des taux d’intérêt exorbitants

ByAdministrateur

Mar 13, 2026
Simplice Sabiyumva, directeur de la supervision et de la stabilité financière à la BRB.

MUKAZA, 13 mars (ABP) – La Banque de la République du Burundi (BRB) a tenu, ce vendredi 13 mars 2026, un point de presse à l’intention des journalistes. L’objectif était de communiquer sur les problèmes persistants dans le secteur de la microfinance, a précisé Simplice Sabiyumva, directeur de la supervision et de la stabilité financière à la BRB.

Il souligne que certains membres de groupements financiers communautaires et d’institutions de microfinance (catégories 1 et 3) continuent de placer leurs fonds dans des établissements promettant des taux d’intérêt exorbitants.

Toutefois, M. Sabiyumva a précisé que le moment est opportun pour prévenir et informer davantage le public sur la dangerosité de ces pratiques. Il a expliqué que décider de placer ses avoirs dans une institution garantissant des taux anormalement élevés constitue un risque majeur de perte totale du capital.

Simplice Sabiyumva indique que la BRB calcule mensuellement des taux créditeurs moyens. Pour ce mois de mars, ce taux s’élève à 7 %. Il déplore que certaines microfinances proposent des taux de 60 % (soit 5 % mensuels). Il invite chacun à se demander comment une institution opérant légalement pourrait offrir une telle rémunération alors que la moyenne annuelle est de 7 %. « Si un établissement prétend offrir 60 % là où la norme est de 6 %, le caractère frauduleux est évident », a-t-il illustré.

Il conseille vivement à la population de faire preuve de vigilance, car ces structures ne disposent d’aucune activité génératrice de revenus leur permettant d’honorer de tels engagements.

Sabiyumva lance ainsi un appel au public : avant d’effectuer des dépôts à long terme, il faut s’assurer que l’institution respecte les taux usuels publiés chaque mois par la BRB. Dans le cas contraire, le danger est réel. Il précise que des victimes de ces pratiques illicites se tournent souvent vers la BRB pour réclamer la restitution de leur argent.

A cet égard, cette autorité a indiqué que la BRB ne dispose d’aucun fonds pour compenser ces pertes. Le public doit donc savoir qu’il est impératif d’éviter ces réseaux qu’il qualifie de mafieux. « Quelqu’un qui prépare son coup sait très bien qu’en proposant une rémunération de 60 %, il ne pourra pas s’y tenir. Son intention est de détourner l’épargne publique et de prendre la fuite », a-t-il déploré.

La BRB invite le public à dénoncer ces cas de fraude, rappelant que ses portes restent ouvertes. Elle souligne que le partage d’informations en temps utile permet d’anticiper les crises et d’éviter les débordements.

Vue partielle des participants

Le directeur de la supervision et de la stabilité financière à la BRB, Simplice Sabiyumva, a tenu à rassurer la population que, selon les analyses et les rapports dont dispose l’institution, le secteur de la microfinance se porte globalement bien. Il a ajouté que la plupart des institutions respectent le cadre réglementaire, même si quelques-unes entachent la réputation du secteur. Il a cité seulement quatre microfinances qui n’ont pas respecté les normes en vigueur, tout en précisant que la BRB met tout en œuvre pour maîtriser la situation.

 Denis NTIHINDAGIZWA