NTAHANGWA, 15 juin (ABP) – Les députés ont analysé, vendredi le 12 juin 2026, à l’hémicycle de Kigobe, le projet de loi portant fixation du budget de la République du Burundi pour l’exercice 2026-2027, présenté par le ministre des Finances, du Budget et de l’Economie Numérique, Alain Ndikumana.
Le budget général de l’État est arrêté à 7 020,6 milliards de BIF, en hausse par rapport à l’exercice précédent, et met l’accent sur les investissements structurants, la modernisation de l’administration publique et l’accélération de la mise en œuvre de la vision nationale « Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 ».
Le ministre Ndikumana a indiqué que ce budget traduit une orientation stratégique axée sur la transformation économique et sociale du pays, en s’appuyant sur une mobilisation accrue des ressources internes, tout en consolidant les appuis extérieurs à travers les dons et les prêts destinés au financement des projets de développement.
Le ministère de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique est doté de 352,4 milliards de BIF, consacrés notamment au remboursement des prestations médicales des policiers et leurs ayants droit, à l’acquisition d’équipements de la protection civile, ainsi qu’à la construction et la réhabilitation d’infrastructures administratives et sécuritaires.
Le ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Régionale et de la Coopération au développement bénéficie de 130,1 milliards de BIF, destinés entre autres à la contribution du Burundi aux organisations régionales et internationales, au renforcement des missions diplomatiques et à la modernisation des infrastructures diplomatiques à l’étranger.

Le Ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants absorbe 676,5 milliards de BIF, orientés vers la modernisation des équipements militaires, la construction d’infrastructures de formation, le renforcement des capacités opérationnelles et la prise en charge sanitaire des militaires ainsi que des personnes handicapées de guerre.
Le ministère des Finances, du Budget et de l’Économie Numérique concentre à lui seul 3 033,9 milliards de BIF, avec des investissements majeurs dans la digitalisation de l’administration, notamment la mise en place d’un système national d’identité numérique, la digitalisation des titres fonciers, la création d’un centre de données et l’opérationalisation de plateformes de contrôle des flux numériques et de collecte des recettes liées aux services digitaux internationaux.
Le ministère de la Justice, des Droits de la personne humaine et du Genre dispose de 197,7 milliards de BIF, destinés à la construction de nouvelles juridictions, à la résorption de l’arriéré judiciaire et au renforcement de l’accès à la justice sur l’ensemble du territoire.
Le ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Sécurité sociale, doté de 70,5 milliards de BIF, met l’accent sur la réforme des pensions, la protection sociale, la modernisation des guichets uniques et l’appui aux populations vulnérables.
Le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture est doté de 24 milliards de BIF pour assurer la participation du Burundi aux compétitions sportives régionales et internationales, tenir le dialogue continental sur l’agenda jeunesse, paix et sécurité, réhabiliter le terrain Omnisport du campus Kamenge, etc.
Le ministère de la Communication et des Médias est doté de 28,1 milliards de BIF.
Le ministre Ndikumana a indiqué que ces ressources permettent d’acquérir des équipements pour élimination des zones d’ombres sur toute l’étendue nationale, l’équipement des médias en matériel de production performant et mettre en place une imprimerie propre à la DGPPB.
Avec un budget de 750,7 milliards de BIF, le ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement et de la Recherche scientifique prévoit le renforcement de l’enseignement supérieur, la prise en charge des étudiants, la modernisation des infrastructures scolaires et la poursuite des programmes d’alimentation scolaire.
Le ministère de la Santé Publique, doté de 345,2 milliards de BIF, met en priorité l’acquisition de médicaments, la construction et la finalisation d’hôpitaux, le renforcement des laboratoires nationaux ainsi que la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.
Le secteur agricole, à travers le ministère de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage, bénéficie de 616,2 milliards de BIF, principalement orientés vers la subvention des engrais, la distribution de semences améliorées, la lutte contre les maladies animales et le développement de la production agricole.
Le Ministère des Ressources minières, Energétiques, de l’industrie, du commerce et du tourisme bénéficie de 224,4 milliards de BIF, destinés aux projets liés à l’eau potable et à l’assainissement de base, à l’énergie, aux hydrocarbures, aux mines et carrières, ainsi qu’au développement de l’industrie et du commerce.
Le ministère des Infrastructures, des Logements sociaux, des Transports et de l’Équipement reçoit 393,8 milliards de BIF, poursuit les investissements dans les routes nationales, les infrastructures urbaines, les transports lacustres et les grands projets structurants destinés à améliorer la connectivité du pays.
Le ministre Ndikumana a également souligné que ce budget s’inscrit dans la logique de la vision nationale de développement, où chaque programme est aligné sur des indicateurs de performance et des objectifs du Plan national de développement révisé, afin de garantir une meilleure efficacité des dépenses publiques et une transformation progressive de l’économie burundaise.
Les ressources extérieures comprennent 1 773,6 milliards de BIF de dons et 65,4 milliards de BIF de prêts, mobilisés pour financer divers projets de développement dans plusieurs secteurs.
Les recettes totales de l’État pour l’exercice 2026-2027 sont projetées à 6 296,03 milliards de BIF, en hausse de 25,5%, tandis que les dépenses atteignent 6 737,4 milliards de BIF, soit une progression de 25,9%. Le déficit global est ainsi estimé à 441,3 milliards de BIF, contre 335,7 milliards de BIF pour l’exercice précédent.
Le financement du déficit repose sur un financement intérieur net de 545,25 milliards de BIF, compensant un financement extérieur net négatif de 103,8 milliards de BIF, permettant d’assurer l’équilibre global de la loi de finances. Le solde primaire s’établit à 43,27 milliards de BIF, tandis que le solde global ressort à 441,38 milliards de BIF.
Le gouvernement estime que ce budget constitue un instrument central pour accélérer les réformes structurelles, renforcer la souveraineté économique et améliorer les conditions de vie des populations.

