GITEGA, 11 juin (ABP) – Les membres du gouvernement burundais, sous la conduite du premier ministre, Nestor Ntahontuye, ont répondu aux questions des journalistes ainsi qu’à celles du public, lors d’une émission publique organisée jeudi 11 Juin 2026 au stade Ingoma de Gitega, dans la capitale politique du pays.
Dans son mot luminaire, le premier ministre Ntahontuye a fait le point sur les activités réalisées dans le cadre de la mise en œuvre de la vision du gouvernement : Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060.
Il a notamment évoqué la décentralisation administrative et financière en vue de mieux servir tous les citoyens, ainsi que la réhabilitation des bureaux destinés au personnel récemment affecté dans les provinces et les communes. Il a également mentionné la campagne « Zéro enfant mal assis en classe », qui sera mise en œuvre à partir de l’année scolaire 2026-2027, précisant que la fabrication des bancs-pupitres évolue à un rythme satisfaisant.

Le premier ministre a saisi l’occasion pour annonce certaines mesures visant à revaloriser le secteur de l’éducation. Il s’agit notamment de la révision du programme d’enseignement dans les classes de la 7e année dès l’année scolaire 2026/27. M. Ntahontuye a précisé que les élèves qui suivront ce programme effectueront un cursus scolaire de 13 ans, contrairement à celui de 12 ans. Il a également annoncé la réouverture des restaurants dans les campus universitaires.
Après son allocution, une séance de questions-réponses avec des journalistes a porté sur différents domaines de la vie nationale.
Sur le plan politique, la question relative au refus présumé de visas aux Burundais par les Etats Unis d’Amérique a été soulevée. Le ministre ayant les relations extérieures dans ses attributions a indiqué qu’il n’avait reçu aucune note officielle à ce sujet.

Sur le plan sécuritaire, plusieurs intervenants ont dénoncé la fabrication, la commercialisation et la consommation des liqueurs hautement alcoolisées produites localement, estimant qu’elles portent atteinte à la santé humaine et favorisent les déviances sociales.
Le premier ministre, tout comme le ministre en charge du commerce, a indiqué que des instructions ont été données au Bureau burundais de normalisation et contrôle de la qualité (BBN) afin de vérifier si ces produits sont fabriqués conformément aux engagements et aux normes en vigueur.
Réagissant sur la question relative à l’exode des forces vives du pays, notamment les enseignants, les médecins, les ingénieurs et d’autres catégories professionnelles en quête de conditions de vie plus favorables, M. Ntahontuye a affirmé que le gouvernement est à pied d’œuvre pour trouver des solutions appropriées.
Concernant l’insuffisance des engrais chimiques, il a expliqué que cette situation est liée à l’augmentation du nombre d’agriculteurs. Il a ajouté que la population est sensibilisée à l’utilisation du compost afin de réduire sensiblement le recours aux fertilisants minéraux.
A propos de la proposition de libéralisation du commerce des engrais chimiques ou du carburant, il a indiqué que ces secteurs exigent d’importants moyens financiers et que les opérateurs intéressés pourraient éprouver des difficultés à honorer leurs engagements. Toutefois, il a précisé que les portes restent ouvertes à tout investisseur désireux de s’y engager.
S’agissant des incendies observés ces derniers temps, le ministre ayant la sécurité publique dans ses attributions a indiqué qu’ils sont d’origine accidentelle et non criminelle. Il a rassuré que le parc de véhicules anti-incendie sera renforcé dès l’année prochaine.
Le ministre chargé des finances publiques, Alain Ndikumana, a, quant à lui, annoncé le lancement du projet de construction du marché central de Bujumbura dès l’année prochaine, précisant que les travaux seront exécutés en neuf phases.
Les préoccupations du public étaient principalement adressées au ministère ayant la justice dans ses attributions. Elles portaient essentiellement sur des litiges fonciers mal tranchés, des abus de pouvoir ainsi que des conflits conjugaux.
En réponse, les plaignants ont été invités à transmettre leurs dossiers au ministère chargé de la Justice afin de permettre des investigations approfondies.

