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Contrôle du fentanyl : la Chine à l’avant-garde

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Juin 13, 2026

June 13 (CGTN) – – Note de la rédaction : Alors que la crise mondiale du fentanyl continue de faire des victimes et de mettre les décideurs politiques à l’épreuve, les pays ont adopté différentes stratégies pour réglementer les substances apparentées au fentanyl. Dans le documentaire produit par CGTN, Guerre contre le fentanyl : chronique de la coopération sino-américaine, le professeur Shen Haowei, de l’Université de Ningbo, revient sur les efforts pionniers de la Chine en matière de réglementation du fentanyl et sur les enseignements que d’autres pays pourraient en tirer.

 

Comment la Chine a renforcé la réglementation des substances apparentées au fentanyl au fil des années

Selon le professeur Shen, le contrôle et le classement des substances apparentées au fentanyl en Chine ont connu plusieurs étapes. Il a expliqué qu’avant 2018, l’approche consistait principalement à évaluer et à réglementer les substances au cas par cas.

Cependant, il a souligné que l’année 2018 a marqué un tournant décisif, précisant que la Chine est passée d’une réglementation visant des substances au cas par cas à une approche fondée sur le classement par catégorie. Il s’agissait d’un progrès stratégique majeur, passant de la réglementation de substances spécifiques à celle de toute une catégorie de composés apparentés, a-t-il ajouté.

« À ma connaissance, à cette époque, aucun pays au monde n’avait officiellement proposé un système de classement couvrant l’ensemble des substances apparentées au fentanyl », a-t-il souligné. Le professeur Shen a indiqué qu’en 2019, la Chine a officiellement mis en œuvre cette réglementation par catégorie et est ainsi devenue le premier pays à adopter une telle mesure.

Comparaison de l’approche chinoise du contrôle du fentanyl à celle des États-Unis

Shen Haowei estime que la comparaison est particulièrement révélatrice. Alors que la Chine a instauré en 2019 un classement permanent par catégorie, les États-Unis sont restés soumis, à partir de 2018, à des mesures temporaires de classement. « Ces contrôles ont été établis par le biais d’ordonnances temporaires émises par la Drug Enforcement Administration (DEA), et le Congrès devait voter chaque année ou tous les deux ans pour les prolonger », a-t-il indiqué.

« À plusieurs reprises, ces mesures temporaires ont failli expirer. Autrement dit, si le Congrès n’avait pas adopté de prolongation, les substances apparentées au fentanyl auraient pu échapper au contrôle fédéral. La situation n’a changé qu’en juillet 2025 », a révélé le professeur Shen.

Il a, par ailleurs, rappelé qu’en juillet 2025, le président Donald Trump a promulgué une loi visant à lutter contre toutes les formes de trafic mortel de fentanyl –– Halt All Lethal Trafficking of Fentanyl (HALT Fentanyl) Act –– établissant le classement permanent des substances apparentées au fentanyl parmi les substances contrôlées de catégorie I au regard de la législation américaine.

Que révèle la chronologie du contrôle du fentanyl en Chine ?

Le professeur Shen a précisé que la Chine et les États-Unis ont adopté le système de classement par catégorie avec un décalage de six ans : la Chine l’a mis en œuvre en 2019, tandis que les États-Unis ne l’ont adopté qu’en 2025.

Selon lui, cet écart reflète une différence d’efficacité réglementaire et de mise en œuvre des politiques. « Aux États-Unis, le processus législatif peine souvent à suivre l’évolution rapide des drogues de synthèse. Le cadre juridique tend à être davantage réactif qu’anticipatif », a-t-il souligné.

Leçons tirées de l’approche chinoise du contrôle du fentanyl

Shen Haowei a souligné que la lutte contre la drogue ne repose pas uniquement sur la réglementation et l’application de la loi ; elle passe également par la prévention et la sensibilisation du public.

Il rejoint ainsi l’analyse du Dr Robert Marbut, expert de renom en matière de sans-abrisme et chercheur principal au Center on Wealth & Poverty du Discovery Institute aux États-Unis, qui avait un jour estimé que les États-Unis gagneraient à s’inspirer de l’approche chinoise dans la gestion des problèmes liés aux drogues. Le Dr Marbut a indiqué que la consommation de drogues illicites en Chine concernait moins de 1 % de la population. Il a mis un accent sur les investissements importants réalisés par le pays dans les campagnes de sensibilisation du public. À l’inverse, il a estimé que les États-Unis avaient beaucoup moins investi dans la sensibilisation à la prévention des drogues, a ajouté le professeur Shen.

Selon lui, l’observation du Dr Marbut met en lumière un enseignement essentiel : une politique efficace de lutte contre la drogue nécessite non seulement des mesures juridiques solides, mais aussi des efforts soutenus de prévention et de sensibilisation du public.

 

Note : Shen Haowei est professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Ningbo et responsable du programme de master professionnel en pharmacie. Ses recherches portent sur la réglementation des médicaments, les politiques pharmaceutiques et la gouvernance de la santé publique.

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